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Voitures autonomes : une effervescence en berne

Le 28 mai 2018
Voitures autonomes : une effervescence en berne

L’autonomisation constitue la prochaine révolution automobile de la prochaine décennie qui constituerait un marché colossal représentant plus de 40 milliards de dollars dès 2025. En Allemagne, Audi a lancé la commercialisation de l’A8 équipé d’un dispositif de conduite autonome sur autoroute ou voie séparée par un terre-plein central en dépit de violations de la Convention de Vienne, récemment amendé pour s’adapter aux véhicules autonomes. Annoncé en mars dernier, la France souhaite disposer dès 2019 du cadre législatif permettant d’expérimenter sur les routes les véhicules autonomes de niveau 4 (autonomie quasi totale). Dans une course technologique où les états, constructeurs, assureurs et développeurs travaillent à préparer l’avenir, de nombreuses problématiques techniques et juridiques dégradent l’euphorie liée à son développement.

Un prix (trop) fort à payer

Les dernières avancées liées à cette technologie encore fragile sont marquées par plusieurs accidents impliquant les voitures autonomes. Tesla, Uber et plus récemment Waymo[1] ont ainsi vu leurs véhicules autonomes responsables de dégâts matériels allant jusqu’à la mort de plusieurs personnes. Constatant une forte dégradation de la confiance des consommateurs et assureurs, plusieurs acteurs ont arrêté les expérimentations des véhicules sur voie publique jusqu’à une meilleure maitrise de la route.

Les défenseurs de la voiture autonome publient de manière récurrente des études annonçant des baisses considérables de sinistralité automobile par rapport aux voitures classiques – plus de 90% des accidents actuels étant causés par erreur humaine, tout en concédant une augmentation des coûts financiers des accidents graves liés à l’inflation de la prise en charge médicale et la valeur des voitures autonomes.

Responsabilité et assurance toujours en question

La responsabilité en cas d’accident demeure aujourd’hui l’une des questions les plus débattues. Historiquement fondée sur le conducteur en matière civile et pénale, la multiplication des acteurs – passagers pouvant interférer notamment par des objets connectés, constructeur de la voiture, des algorithmes, des programmateurs, des fournisseurs de matériels, pouvoirs publics responsables des infrastructures routières, a vocation à complexifier considérablement le régime actuel.  

Une proposition de responsabilité en cascade ou globale par le constructeur automobile est actuellement à l’étude. Concernant les véhicules autonomes en phase de test, la France a opté pour responsabilité entière du titulaire de l’autorisation en charge des expérimentations

Problématique connexe de la responsabilité, l’assurance des véhicules fait également l’objet de négociations importantes portant sur le partage des données entre constructeurs et assureurs d’une part concernant les algorithmes des logiciels installés et d’autre part les données du véhicule en cas d’accident.


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